Dans la vie, tu ne brises pas mes affaires.
J’essaie (le plus possible) de détenir le moins d’objets possible, mais de bonne qualité.
Si tu abîmes mes trucs, tu m’en prives, car je n’ai probablement pas de rechange ET il m’a probablement coûté cher.
Bref, je ne serai pas de bonne humeur.
Ceci dit, ça ne s’applique pas aux tasses. J’ai un tiroir qui en débordent. De toutes les formes, de toutes les couleurs, pour toutes les envies et humeurs du matin.
Sauf une. Une tasse m’est précieuse. Celle que j’ai faite faire aux décès de ma Yoshie. Ma Didi. Mon chien-brun. L’amour de ma vie.


Personne, je dis bien personne, n’est autorisé à l’utiliser au risque péril de sa vie!
Il y a quelques semaines, Julien (mon époux exceptionnel) faisait la vaisselle et puis, ce qui devait arriver, arriva.
La tasse a brisé.
OK, ce n’est pas LUI qui l’a brisé, c’est le temps et l’usure. Mais, juste pour le plaisir, on va dire que c’est de sa faute.😂
Connaissant l’attachement que j’ai pour cet objet, il s’est empressé de la réparer. Il a même ajouté une couche de peinture sur la petite craque pour que ça paraisse le moins possible.
Je vous l’ai déjà dit, le meilleur, c’est le mien.💪🏻

À mon réveil, il s’empresse de me prévenir.
— Ce matin, ne prends pas la tasse de Yoshie. Elle a brisé, mais je l’ai réparée! Il faut seulement attendre que ça sèche.
Par réflexe, je me suis crinquée, prête à être submergée d’une grande émotion.
J’ai attendu.
Julien aussi!
À ma grande surprise, j’ai réalisé que je ne ressentais rien.
Ça, ça saisit.
Je suis restée figée, incapable de réagir face à cette indifférence pour un événement qui, il y a quelques mois, m’aurait au moins monté les larmes aux yeux.
— Ce n’est pas grave.
À la recherche d’un pincement, d’un ennui, de quelque chose, mes yeux ont parcouru la cuisine.
Toujours rien.
— Mais merci de l’avoir réparée! Je suis contente que tu aies pris le temps!
Et puis, j’ai compris.
Mon deuil avance. Je souffre moins de son absence.
Nous l’avons adoptée le 13 octobre 2013. Il a brisé ma tasse le 12 octobre 2022.
Si ce n’est pas un clin d’œil de sa part, je vois mal ce que cela peut être.



Aujourd’hui, 21 octobre 2024, nous soulignons la deuxième année sans elle. C’est l’anniversaire de sa mort. C’est aussi, sans prendre connaissance de quel jour nous étions, que je me suis assise pour rédiger cet article.
Pourquoi me suis-je réveillée avec ce besoin puissant de m’y mettre avant même que mon café soit prêt?
Mon cœur est convaincu que c’est elle qui a poussé dans ma main avec son museau pour me guider jusqu’à mon IPAD.
Bien sûr qu’elle me manque. Seulement, les talismans que j’ai créés pour m’aider sont moins nécessaires. Mais oui, j’ai encore un trou. En vérité, j’ai accepté que ce trou ne me quittera jamais et que parfois, comme ce matin de triste anniversaire, je vais la pleurer. Et c’est ok.
Je crois qu’à travers ceci, elle voulait me faire réaliser que sans m’en rendre compte, j’avais avancé. Soulignons que j’ai réussi ce que je croyais impossible: je souris en pensant à elle, je ris en racontant comment elle était grosse et puante !
Oui. Je l’aime sans souffrir de son absence. (À quelques exceptions près hihi!)
Je t’aime ma Didi. Merci pour ta visite.
Pour lire l’article que j’ai rédigé en son honneur : Tu ne me suis plus (Attention, il est possible que tu pleures).
Et toi, es-tu en deuil? As-tu des talismans qui t’aident ou qui t’ont aidé? Courage et gros câlin.❤️

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